CHRONIQUE

100% PÊCHE

Doré jaune

ou doré noir?

Par
Richard Monfette

Pour un pêcheur aguerri, faire la distinction entre un doré jaune et un doré noir est une simple formalité. Toutefois pour des pêcheurs moins expérimentés les différences entre les deux espèces  peuvent parfois être assez subtiles et particulièrement lorsqu’on pêche dans une eau turbide dans laquelle on a parfois l’impression que la robe des poissons a subi un lavage à l’eau de Javel leur donnant une apparence terne et décolorée. Voyons donc ceci de plus près.

Doré noir vs doré jaune

Si on place un doré noir et un doré jaune côte à côte, la différence qui nous saute le plus aux yeux est définitivement la présence de points noirs sur la première nageoire dorsale du doré noir. Même pour les poisons à la robe très délavée en eau turbide, cette caractéristique demeure assez facilement visible et fiable. On remarque ensuite des tâches foncées parfois un peu diffuses sur les flancs du doré noir. Enfin contrairement au doré noir, le doré jaune est doté d’une belle tache blanche habituellement bien définie sur la portion inférieure de sa nageoire caudale (queue). Attention toutefois car une très mince ligne blanche peut parfois être visible sur la caudale du doré noir, mais jamais aussi évidente que chez le doré jaune.

Figure 1 – Distinction entre le doré jaune et le doré noir

Crédit illustrations dorés

Une identification importante

Pourquoi est-il si important de bien faire la distinction entre les deux espèces de doré? Simplement parce qu’il s’agit de deux espèces distinctes et à part entière étant gérées de manière complètement différente.

Très prisé des pêcheurs en raison de sa chaire savoureuse, le doré jaune est protégé depuis 2011 par un plan de gestion rigoureux ayant comme objectif de favoriser une augmentation des populations ceci par le biais de limites de prises plus sévères, mais surtout  de limites de longueur en vigueur partout dans l’ensemble des zones de pêche où se trouve le doré jaune. Grosso modo on doit gracier les prises qui n’atteignent pas la limite permise dans une région donnée pour leur permettre de grandir suffisamment pour pouvoir se reproduire au moins une fois avant de pouvoir se faire capturer à la pêche. Et on doit aussi libérer les prises qui dépassent la limite supérieure permise pour permettre aux meilleurs géniteurs de faire ce qu’ils font de mieux, se reproduire…  Pour en savoir plus au sujet du plan de gestion 2016-2026 vous n’avez qu’à cliquer sur le lien.

On se souviendra que c’est aussi depuis ce temps que l’on doit soit transporter nos poissons en entiers ou encore en filets portefeuilles. Rappelons  que selon qu’il s’agit d’un plan d’eau jugé à croissance lente ou rapide, les limites de taille à respecter seront soient  de 32 cm à 47 cm inclusivement ou encore de 37 à 53 cm. Pour connaître les limites de longueur dans les différentes zones de pêche au Québec cliquez ici: zones de pêche.

Mais la bonne nouvelle, c’est que ces règles particulières au doré jaune ne s’appliquent pas au doré noir. Pour cette espèce, même si le gros bon sens devrait quand même primer, aucune limite de longueur à respecter. D’où bien sûr l’importance de savoir comment bien identifier les deux espèces.

Où trouver le doré jaune et noir

Il est intéressant de bien regarder les deux cartes ci-dessous illustrant les aires de répartition respectives du doré jaune et du doré noir. Elles permettent d’avoir une idée des régions où il est possible de rencontrer les deux espèces  dans un même plan d’eau.

En gros, c’est surtout dans le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Outaouais et plusieurs lacs de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec que vous pourrez pêcher ces deux espèces dans un même lac ou rivière.

Figure 2-Aire de répartition du doré jaune

Crédit figure 2

Figure 3-Aire de répartition du doré noir

Crédit figure 3

Pour savoir plus sur le doré, vous pouvez cliquer sur les liens suivants :

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